Khatwat l Bahja

Publié le par on marche administration

Phtos-de-marche 4486Hadi 9éssat wa7éd lmdina 9dima ou 3ri9a

Dazou ménha sab3atou rijal ou jédbou fiha chélla chabab

Mchaw ou tméchaw

Tnéghmoo ou ghénaw

Mchawe 9éddam Issawa chakhssine ou bé9damhoum hérkou nissa2 ou rijal

Wala 7édde dhache, wala ba3dine bkaw

Jmi3 séf9o , ghénaw ou tghénawe

Mén Allal lfassi l Dar daoudiates

L7al houwa l7al

Texte : Mahacine MOKDAD 
Image : Helena Inverno 


Khatwat l Bahja by webradioaboutdesouffle



La Rumeur

P1080846Tout d’abord, c’est une rumeur. Qu’on perçoit plus qu’on ne l’entend. Un sentiment diffus, qu’on reçoit plus qu’on ne ressent. Le bruit des pas sur le bitume. Le son des corps et un goût d’amertume. Au rythme des tambours, les danseurs entrent en guerre. Au cœur de Marrakech, les artistes prennent la route. Bras, jambes, idées, pieds, sourires, volontés, têtes, mains, créativités et amours marchent tous ensemble dans la même direction : la danse. Ce ne sont pas simplement des hommes et des femmes qui sont en marche. En regardant leur déambulation lente, très progressive, et déstructurée, on assiste à l’éclosion, aussi lente, progressive et désorganisée, de la danse contemporaine au Maroc. Corps et idées tendus vers un même idéal : propager le souffle de la danse dans la vie quotidienne. Et quoi de plus quotidien, partagé, et foulé que la rue ? Ce soir-là, quiconque croise sur sa route cette poignée d’hurluberlus sautillants et déterminés devient lui-même un élément de cette performance unique. En regardant la déambulation, on devient aussi spectateur. Volontaire, involontaire, peu importe. Nous sommes là, fascinés, amusés ou perplexes, bousculés dans nos habitudes, encore inconscients d’avoir sous les yeux une petite révolution, de celles qui sont mues par un désir de partage et de rencontre. C’est la vie qui est en marche. Ces enfants, au départ moqueurs, deviennent les danseurs. Les taxis éclairent la route, une « non-scène » improvisée. Les klaxons des voitures accompagnent la musique en rythme. Ce soir-là, la marche déambulatoire du festival international de danse contemporaine de Marrakech devient une rivière qui charrie avec elle garçonnets surexcités, couples à mobylette ébahis, taxis patients et rieurs, photographes gênés par l’irrégularité de l’éclairage. Le danseur et chorégraphe Taoufiq Izeddiou, fondateur du festival, peut se vanter d’avoir réalisé un beau coup de filet. Entrés sans crier gare dans une allée pour suivre la procession et ses musiciens Issawa, sans le savoir, curieux et curieuses se font entraîner vers un lieu où ils n’auraient peut-être pas envisagé de passer une soirée : le théâtre Dar Attakafa Daoudiates.
Texte : Marion Despouys
Image : Myriam Pruvot    

Publié dans On Marche 5° edition

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