On marche, journal

Publié le par on marche administration

vlcsnap-7742283Du 23 au 30 janvier a lieu à Marrakech la cinquième édition du Festival International de Danse, "On Marche". Sur ce blog, se tiendra un journal quotidien sur les choses vues et aperçues.

Depuis cinq ans, au Maroc, "On Marche" tente d'impulser un rythme encore inaudible, recherche un élan pour la danse contemporaine, un creux dans lequel la danse pourrait se loger, et dans lequel se glisseraient les artistes marocains et le public.

Toujours précaire, la marche louvoie la chute, elle l'invente, l'appelle, et y échappe ; un écart. Dans cet écart la chute est à la fois suspendu, probable et imminente. Son évitement nécessite une poussée de l'arrière vers l'avant : un élan, une énergie.
L'enjeu aujourd'hui d'un tel festival au Maroc est de trouver l'énergie durable qui maintiendrait le rythme aussi lent sois t-il. Distance à parcourir, déjà parcouru, encore à parcourir. Aussi chaque année le festival s'ouvre sur une Marche dans la ville. Volonté de vie, menace sur ce qui pourrait l'empêcher. Chacun peut la rejoindre ou la soutenir du regard.

Susan Buirge : "Pas de sol, pas d'appui, pas d'appui, pas de danse."
La marche, se révèle alors comme l'épreuve du sol, la conquête d'un horizon pour le regard. La poussée viendrait de l'avant, de l'inconnu, des espaces non encore parcouru ; "l'invitation au voyage".

Ce blog nous le voulons ouvert à tous les regards, (écrit, image, son, vidéo ). Un lieu dans lequel se glisserait le spectateur. Chacun est invité à y participer, par l'imaginaire poétique, l'analyse critique, le simple témoignage. Nous vous invitons à vous saisir de l'espace des commentaires, pour apporter votre contribution.

Publié dans On Marche 5° edition

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on marche administration 21/01/2010 10:59



Montrer comment oeuvre une danse c'est redonner dans l'espace public l'imaginaire poétique ou
philosophique qu'elle ouvre. 


Par ailleurs, toute critique est filtre en ce qu'elle est procédée de discernement. C'est-à-dire, qu'on ne prends jamais tout dans un objet, mais un détail. Mais un tel détail n'est visible qu'à
la condition que le spectateur développe une focale, c'est-à-dire un regard singulier.

La critique est aussi expérience de la crise. Aussi, chacun de nous, regardons le monde à partir de nos propres obsessions, de nos plaies, de nos cicatrices jamais cicatrisable.
L'objet artistique, s'il nous touche, c'est justement à l'endroit même où nous sommes en contact avec le monde, là où le monde nous pénètre, l'endroit même de la plaie. Faire l'expérience de la
crise, c'est en ce sens "faire saigner la plaie". Etre toucher par une danse c'est donc être transformer par elle, en ce lieu non immunisé où nous nous singularisons où nous ne cessons
pas de devenir autre. Dire ce toucher nécessite de réactualiser notre langage pour qu'il soit au plus près du mouvement qu'il implique.



on marche administration 16/01/2010 13:03


"L'unique entrâinement imaginatif consiste, aux heures ordinaires de fréquentation dans les de Danse sans visée quelconque préalable, patiemment et passivement à se demander devant tout pas,
chaque attitude si étranges, ces pointes et taquetés, allongés ou ballons. "Que peut signifier ceci" ou mieux, d'inspiration, le lire. A Coup sûr on opérera en pleine rêverie, mais adéquate
(...)."

Mallarmé, Crayonné au théâtre